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ma bulle...

Itineraire d'un ptit artiste...

le 06/03/2008 à 23h19

Mise a jour : Dimanche 3 avril 2011


D'aussi loin que je me souvienne, l'ecriture a toujours eté quelque chose de terriblement attirant pour moi... Depuis les histoires imaginé tout petit a l'aide de vieilles figurines ou playmobiles, depuis les contes incroyables que nous racontait un certain instituteur...


Des cahiers d'ecole remplits d'histoires, de reves, d'aventures... Je n'etais qu'un enfant, je ne savais pas que ce serait plus tard ce que je considere comme le point de depart de beaucoup de choses.


La premiere vraie histoire, faite dans le desire que ça devienne quelque chose (une bande dessiné en l'ocurance) date de 2001, avec l'appel du large... dire que ça va faire 10 ans, wow... bien sur, c'est loin d'etre un chef d'oeuvre, et malgrés le fond d'aventure, ça reste quelque chose de trop personnel je trouve, bien que la suite s'avere nettement superieur.


"Pourquoi ne pas avoir carrement ecris un roman ?" j'ai pu entendre cette question plus d'une fois... tout simplement car a 17 ans, je pensais ne pas en avoir les capacités, trop de technique, trop de details, et puis j'ai toujours baigné dans la bande dessiné, et au fur et a mesur de l'ecriture, je voyais les cases, les bulles, les visages dessinés de mes personnages...


Il y a eu un premier tournant avec "Divins & Dechus", histoire plus que serieuse, et vraiment bien construite je trouve, et surtout un feeling extraordinaire avec mes personnages, la premiere fois que je me sentais aussi proche de mes personnages, une impression de vraiment leur avoir donné naissance... et surtout une reconnaissance, celle de ma muse de l'epoque... mais nous y reviendrons ^^


Le deuxieme tournant fut avec l'ecriture des écorchés... le sommet de ma productivité je pense, porté par les personnage du debut a la fin, j'ai ecris les 122 pages de l'histoire en trés peu de temps, un pavé enorme pour un scenario, car en principe ils font une quarantaine de page, et deja c'est beaucoup pour une BD... Difficile de dire ce qui a pu se passer avec cette histoire, mais c'etait la premiere fois que j'arrivais a faire une histoire sans aventures, sans actions, juste un truc humain, avec des gens comme vous....et moi, et pour cause, le heros n'est autre que moi meme ^^


Le plus gros tournant viens je pense de Ligne 8... j'avais commencé a imaginer une histoire comme ça, sans savoir ou ça allait aller, et je ne sais pas pourquoi, j'ai ouvert un fichier traitement de texte, et j'ai commencé a ecrire ça en romancé... chose que je ne pensais pas etre capable de faire, et finalement, c'etait venu naturellement, meme si techniquement, c'est plus que moyen... Puis il y a eu Obcession qui a suivit, tout aussi imparfait et puis...


Emma


Je pense que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé de ma minuscule "cariere" d'ecrivain... Encore une fois plus porté par le personnage que j'avais crée que par mon imagination. Porté par une muse aussi... encore ^^ C'est de la que viens mes certitudes sur le fait que je puisse ecrire un roman. Bien sur ce n'est pas parfait, il y a des petites erreurs un peu partout, mais ça reste quand meme nettement superieur a ce qui a eté fait avant. Mais je me demandais quand meme si j'etais capable de faire autre chose d'aussi bien, Emma etant trés particuliere de part l'utilisation de la premiere personne du singulier... puis sont venu "Nous nous sommes tant manqué", "Luna", "Bonnie aime Clyde"...


J'ai toujours eu beaucoup de probleme avec moi meme, me refugiant trés, voir trop souvent dans ma bulle pour echapper a un monde que je ne voulais pas affronter. Mais cette bulle m'a rendu plus fort, et grace a elle, je possede quelque chose de precieux, et quand je me regarde dans une glace, je peux me dire...


Je suis un artiste

Bonus Soundtrack - Alice -

le 08/10/2010 à 14h43

Alice

Alice se fout bien du monde qui l'entoure
Elle sait que rien ne peut la sauver meme pas l'amour
Seule et triste dans son univers d'ombre
Elle attend seulement que ce monde de fou sombre
Elle ne sort plus, dehors les betes ont faim
Elle a comprit que le pire est bien le genre humain
L'esprit egaré dans l'incoherence
Elle sait que c'est la nuit que tout recommence

Alice n'a pas pu eviter l'engrenage
Seule pour echapper a ce carnage
Elle ne comtemple qu'une image
Celle de ses larmes de sang sur son visage

Alice ne veut plus comprendre ce monde
Qu'elle voit comme une petite fille que la peur innonde
Il n'etait pas comme ça dans dans ses reves d'enfants
Mais il y a longtemps qu'elle a perdu ses illusions d'antant
Alice repousse ses boucles blondes
Elle sait comment eviter le naufrage
Pour echapper a ce monde immonde
Elle est tombée dans l'engrenage

Alice a sombré dans l'engrenage
Ballottée au milieu des orages
Elle ne peut atteindre le rivage
Et coulent les larmes de sang sur son visage

Alice sait qu'il n'y a pas de fin joyeuse
Pour quelqu'un qui n'a eté qu'une reveuse
Au bout de cette parodie de vie
Elle voudrait s'etteindre cette nuit

Alice va sortir de l'engrenage
Seul moyen pour elle de tourner la page
Elle contemple une derniere image
Celle de tous son sang sur le carlage

La Danseuse

le 30/03/2011 à 19h46

La Danseuse

Lentement elle s'avance dans le noir
Sentiment de voir a travers le miroir
Le passé perdu, ce qu'elle etait avant
C'etait hier, c'etait il y a si longtemps
Longuement, elle marche vers son chagrin
Une musique l'accompagnant, venue du lointain
Une larme sur le parquet, le temps n'a pas effacé
Les pleurs et la sueur, non elle n'a rien oubliée...

Et malgrés le mal qui la ronge corps et ame
Elle se donne, se consume comme une flamme
Les mouvements de plus en plus saccadés
Dangereusement, elle tremble, elle va tomber
Elle n'a jamais eté autant sur le fil
Cette danseuse aux ailes si fragiles...

Elle s'elance, defiant son propre destin
Virvoltant comme si c'etait la fin
Enfin elle se sent libre et vivante
Les peurs et les douleurs lancinante
Elle vacille mais ne s'arrete pas
Elle danse vers la lumiere qui lui tend les bras
Souvenirs d'un publique qui applaudit
C'est a ça, qu'elle avait devoué sa vie

Et malgrés le mal qui la ronge corps et ame
Elle se donne, se consume comme une flamme
Les mouvements de plus en plus saccadés
Dangereusement, elle tremble, elle va tomber
Elle n'a jamais eté autant sur le fil
Cette danseuse aux ailes si fragiles...

Ses gestes se font de plus en plus lourds
A chaque mouvement resonnent ces bruits sourds
Ceux de son corps de verre qui se fissure
Mais elle fait abstraction des meurtrissures
Son coeur cogne fort contre ses tempes
Pour cette beautée que personne ne contemple
Seule sur scene, comme dans une transe
Dans le sang, dans les larmes, elle danse...

Et malgrés le mal qui la ronge corps et ame
Elle se donne, se consume comme une flamme
Les mouvements de plus en plus saccadés
Dangereusement, elle tremble, elle va tomber
Elle n'a jamais eté autant sur le fil
Cette danseuse aux ailes si fragiles...

Sur elle, le rideau est tombé
Personne ne l'aura vu chuter
Elle ne pourra plus se relever
Ce soir, c'etait le dernier balai
Lentement, elle s'allonge dans un sourire
Elle sait, qu'elle ne va plus souffrir...

Pour l'éternité...

le 19/10/2011 à 16h52
N'ai pas peur mon amour
Nous reverrons la lumiere du jour
Melangés au petit matin
Je ne lacherais pas ta main
 
Restons debout jusqu'au bout
Meme si le monde devient fou
Si tout passe de vie a trepas
Puisque maintenant sonne le glas
 
Nos cendres s'envoleront
Les vents nous disperseront
Mais nos ames a jamais melangées
S'aimeront pour l'eternité
 
Ne leur offre pas tes pleurs
Ne montre pas ta peur
Et chante, chante encore...
Abandonne toi jusqu'a l'aurore
 
Bientot nous serons libre
Devenus inaccessible
A ce mal qui nous poursuit
A la froideur de la nuit
 
Nos cendres s'envoleront
Les vents nous disperseront
Mais nos ames a jamais melangé
S'aimeront pour l'eternité...
 
Que saigne ce monde de fou
Il n'etait pas fait pour nous
Deja, ils brandissent leurs armes
Moi, je ne vois plus que tes larmes...
 
Un souffle soudain
Un murmure lointain
Et...et plus rien...
C'est la fin...
Le Prince Aux Deux Royaumes
 
1
 
1924, quelque part au dessus de l’Angleterre.
 
   Le ronflement du vieux moteur était assourdissant, et le mauvais temps était tel qu’on n’y voyait pas a dix mètres. Pourtant, l’avion gardait sa ligne dans le ciel. Trempé jusqu’aux os par la pluie battante qui lui fouettait le visage, Ryan réussissait tant bien que mal a maintenir le cap de l’appareil biplan.
- On est ou bordel ?! Lança Amine, le jeune homme installé derrière lui.
- Je comptais sur toi pour m’éclairer a ce sujet ! Répondit-il en criant pour se faire entendre dans le vacarme.
   Le ciel était noir comme si le soleil avait décidé de se coucher prématurément. Les bourrasques de vent tourbillonnaient sans cesse, et la pluie ne voulait pas cesser.
- Nous devrions être proche de notre lieu d’atterrissage ! Dit Amine a son ami.
- Alors il faut descendre !
- Descendre ? Mais on y voit rien du tout ! C’est risqué !
- Il vaut mieux tourner en rond en attendant que le beau temps revienne ?!
   Amine grimaça, si Ryan l’avait écouté depuis le début, ils n’en seraient pas la tout les deux ! Mais son ami était têtu comme une mule.
   Voila plusieurs semaines qu’ils avaient quitté leur pays pour entreprendre un voyage qui devait les emmener jusqu’en Angleterre. Ils en avaient fait des kilomètres, a pied, a cheval, en automobile, en bateau, et bien sur, en avion. Mais Amine n’était pas très rassuré d’embarquer dans un tel engin et traverser la manche a son bord, et avait insisté pour prendre le bateau en France. Mais Ryan avait soif de défi et d’aventure, et malgres les conditions météorologiques défavorables, et la peur de son ami, il avait donc prit son envole a bord d’un vieil appareil, mais encore solide, pour rééditer l’exploit de Louis Blériot qui quinze ans plus tôt, fut le premier a traverser la manche en avion.
   Soudain, le moteur sembla tousser, et l’appareil commença a vaciller, avant de se rétablir.
- Oh c’est pas vrai, on va mourir ! Je le savais ! On aurait du prendre le bateau ! Hurla Amine comme si l’issue ne faisait aucun doute.
- Tais toi donc, tout vas très bien ! C’était juste…
   Tout a coups, un bruit sourd résonna, et une épaisse fumée noire se dégagea du moteur a l’avant de l’avion.
- Ok, la on a un problème.
 
*
 
   Le chancelier de la prestigieuse université d’Oxford avait revêtu son plus beau costume pour ce jour important. Il ajusta une dernière fois sa cravate aux cotés de son confrère le vice chancelier.
- Allons Stanley, vous semblez nerveux, ce n’est pourtant pas le roi George que nous allons recevoir ! Lui lança son collègue.
- Certes mon cher, mais ça n’en reste pas moins du sang royal, même si ce n’est pas celui de la couronne britannique. 
   Dans une salle de réception, les invités discutaient entre eux, consommant champagne et petits fours a volonté. Illustres étudiants, anciens ou actuels, côtoyaient les professeurs dans ce qu’il était coutume d’appeler, la réception de rentrée, qui donnait en quelque sorte le coup d’envoie de la nouvelle année universitaire.
- Quel est donc le profil de ce jeune homme que nous attendons ? Demanda le vice-chancelier.
- Le fils Ben Salah ? Je l’ignore, son père nous a juste fait une donation généreuse pour que nous l’acceptions dans nos murs pour l’année.
- Ha ces émirs, ça pense tout pouvoir avoir avec leur argent !
- Et bien ils ne se trompent pas… répondit le chancelier avec un regard froid pour son confrère. Et puis ce n’est pas un émir, mais un sultan…
- Oh, ça change tout en effet… Et la deuxième personne ?
- chut, la voila…
   Un silence de cathédrale accueillit l’entrée dans la grande pièce d’une jeune asiatique, vêtue d’une sorte de kimono blanc avec des dessins de fleurs rouges. Le chancelier s’empressa d’aller a sa rencontre.
- Princesse Lian Qian, c’est un honneur. Lui dit il en s’inclinant devant elle.
- Un honneur partagé chancelier. Pardonnez moi si je me trompe, mais j’ai l’impression d’avoir troublé l’assistance a mon arrivée, j’espère que ce n’est pas a cause de ma tenue qui serait déplacée… dit elle timidement. 
- Vous les avez juste troublé par votre grande beauté princesse, croyez moi que nous sommes tous très fiers de vous avoir parmis nous.
- Alors j’en suis ravie. Répondit-elle en s’inclinant a son tour.
   Dés son arrivée, tout le monde s’était tue, touché par la grâce et la beauté de cette princesse venue d’orient. Ses longs cheveux noirs lissés juraient avec la blancheur de sa tenue. Les traits fin et délicats de son visage très pale mettaient en valeur ses grands yeux noirs. Tout chez elle semblait irréel. Sa démarche, ses paroles, elle semblait d’une pureté absolue. Aucun homme présent dans la salle ne pu détacher son regard d’elle, ce qui ne semblait pas plaire au petit homme d’un certain age qui la suivait comme son ombre. Asiatique aussi, il était beaucoup plus discret que sa compatriote. Simplement vêtu d’une tunique noire, le dos courbé, et une fine moustache grisonnante, il ne quittait pas Lian de son regard perçant.
- Princesse, certaines personnes de votre entourage n’ont eu de cesse de me vanter vos mérites de musicienne, lui flatta le chancelier.
- Oh ils ont forcement du exagérer, répondit timidement la princesse.
- Je suis sur que non, insista-t-il, et vous nous ferriez le plus grand plaisir si vous nous accordiez le plaisir de nous jouer quelques notes.
   Il désigna le piano au centre de la pièce, et une clameur positive résonna parmis les convives.
- Dans mon pays, il est très impolie de refuser une telle proposition, c’est pourquoi je vais accéder a votre requête.
   Le visage du chancelier s’illumina, et Lian prit place au piano, dans le plus grand silence. Tout le monde retenait son souffle dans l’attente des premières notes.
   La princesse laissa courir ses doigts sur le clavier, et une mélodie venue d’ailleur commença doucement a envahir la salle ainsi que les oreilles des spectateurs qui furent comme envoûté par la magie qui se dégageait du concert improvisé.
   Le vice chancelier s’approcha de son supérieur pour lui glisser un mot a l’oreille.
- C’est… incroyable ! Tout a fait époustouflant !
- N’est-ce pas…répondit-il sans détacher son regard de la pianiste.
- Mais dites moi… Le fils Ben Salah n’est toujours pas la lui, c’est inquiétant vous ne trouvez pas ?
- On s’en moque Walter, laissez moi donc profiter de ce merveilleux spectacle !
   Le vice chancelier se renfrogna et s’écarta de son confrère pour se venger sur un petit four.
 
*
 
- Remonte, remonte ! Tu vas trop vite ! Hurla Amine.
- Je fais ce que je peux ! Répondit Ryan qui se battait avec le manche de l’appareil pour tenter de freiner la chute de ce dernier.
   Soudain, le sol fut en vue, et il se rapprochait dangereusement.
- Oh seigneur… lacha Amine avant de se cacher les yeux avec les mains.
   Ryan tirait de toute ses forces sur le manche, et l’avion se redressait petit a petit, a défaut de ralentir l’allure infernale a laquelle il descendait.
- Allez mon vieux, redresse… allez…
   Il força un grand coup et l’avion se redressa un peu plus a l’approche du sol, et ce sont les roues qui heurtèrent les première l’herbe d’une verte prairie que la providence avait placé la. Mais loin de s’arrêter, l’appareil rebondit durement plusieurs fois de suite. Les roues explosèrent, et le biplan glissa sur l’herbe détrempée, faisant jaillir d’impressionnantes gerbes d’eau dans son sillage. Il continua sa course folle en heurtant durement un arbre, les deux ailes gauches ne résistant pas a l’impacte.
   Dans la salle de réception, Lian s’était interrompue, un gros bourdonnement raisonnant de plus en plus fort, et intrigant les personnes présente.
- Mais quel est donc ce bruit ? Demanda le chancelier, passablement énervé que quelque chose vienne interrompre le moment de grâce qu’il vivait.
 Soudain, les portes et le mur volèrent en éclat, et l’avion s’encastra dans le bâtiment dans un grand fracas et des cris de panique. L’appareil termina sa course aux pieds du chancelier, pétrifié, dans un nuage de fumée noire. 
- Que… qu’est-ce que c’est que cette folie !? Osa-t-il demander après quelques secondes de torpeurs.
   Ryan se redressa a bord de ce qu’il restait de son avion et jeta un coup d’œil a Amine, qui bien que choqué, ne semblait pas avoir de grave blessure non plus.
- Euh… je suis désolé. Lança Ryan au chancelier.
- Désolé ? Vous êtes désolé ?! Vous savez ou vous êtes petit vaurien ?!
- Pas tout a fait non, mais je pense que vous allez nous le dire.
- A l’université d’Oxford ! 
- Merveilleux ! Nous sommes arrivé a bon port ha ha ! Exulta Amine en levant les bras au ciel.
   Ryan sauta sur l’avant de ce qu’il restait de l’avion pour pouvoir descendre, mais la carlingue lacha, et il s’écroula au sol dans un mélange de taule et de morceaux diverse de l‘appareil disloqué, et roula jusqu’aux pieds de la princesse Lian Qian, les yeux ronds, paralysée sur son fauteuil a coté du piano.
- Aïe ! Fit Ryan en retirant son casque et ses lunettes, laissant apparaître son visage mal rasé, ses cheveux bruns aux quatre vents, et ses grands yeux bleus.
   Son regard croisa aussitôt celui de la princesse, son cœur se serra, et ce fut le grand vide autour de lui, comme si plus rien d’autre n’existait que le visage de cette inconnue. Cela dura une poignée de seconde, mais il eu l’impression que ce fut une éternité.
- Bon sang, mais qui êtes vous ? Je vous préviens, ça va vous coûter cher ! Vous m’écoutez ? Beugla le chancelier qui était devenu rouge de colère.
- Hein ? Euh… pardon ? Demanda-t-il confus en se retournant vers le directeur suprême de l’université.
- Votre nom ! Qui êtes vous !
- Je suis Ryan Ben Salah.
 
*
 
- Oh fais pas la tête, ça aurait pu être pire ! 
   Allongé a l’ombre d’un vieux chêne, Amine semblait avoir recouvré sa bonne humeur habituelle, régénéré par le retour du soleil. Ce qui ne semblait pas être le cas de Ryan, qui paraissait songeur.
- Pire ? On a une étiquette collée sur le front maintenant ! Tu as pensé a notre réputation ? De quoi avions nous l’air…
- Oui ça aurait pu être pire ! Tiens par exemple, on aurait pu tuer des gens ! Ou encore plus effroyable, nous aurions pu nous même mourir !
- Hum… 
   A vrai dire, il se moquait bien de ce que pouvaient penser les autres, chancelier, professeurs et élèves mélangés, mais ce que pouvait penser cette fille, cette asiatique incroyablement belle, ça, il ne s’en moquait pas du tout.
- Cesse donc de broyer du noir, on est vivant ! La vie est belle, il fait beau, il fait chaud, profite, il parait qu’il pleut tout le temps dans ce fichu pays ! Il n’empêche que la prochaine fois, tu écouteras ce bon vieux Amine monsieur la tête brûlée ! Plus jamais je monterais dans un avion de ce genre, plus jamais !
   Amine continuait son bavardage mais Ryan ne l’écoutait déjà plus, perdu dans ses pensées.
 
*
 
- Absolument incroyable…
   Dans une des nombreuses annexes de la grande bibliothèque de l’université, Lian Qian découvrit les centaines et les centaines de livres qui s’étendaient devant elle dans une multitude de rayonnage, et au centre de la grande pièce des rangées de vielles tables en bois avec seulement quelques lampes comme ornements. L’endroit semblait chargé d’histoire, et il y flottait une odeur bien particulière de vieux livre.
- Et ce n’est que l’arbre qui cache la forêt, attendez de voir la bibliothèque Bodléienne, répondit fièrement le chancelier qui voyait que la princesse n’était pas insensible a l’endroit.
- J’ai hâte de prendre le temps de voir tout ça, dit-elle dans un sourire.
- Les livres que vous m’avez demandé sont dans cette rangée, je ne vous dérange pas plus et vous laisse a vos occupations, mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, je me ferais un plaisir de vous aider, dit-il en s’inclinant.
- Merci beaucoup chancelier.
   Elle s’inclina également, et le directeur de l’université prit congé, laissant la princesse seule au milieu de tout ces livres, mine d’or de connaissance.
- Je ne l’aime pas.
   Lian se retourna vers son compagnon qui apparu au détour d’un rayonnage.
- Tu n’aime aucun homme qui pose les yeux sur moi Wang, répondit Lian, le regard taquin.
- Vous ignorez tout des hommes princesse, vous ne savez pas ce qu’il veut.

- Toujours voir le mal partout, c’est aussi dans tes habitudes.
- Si je n’était pas comme ça, je serais un bien piètre protecteur.
- Tu ne t’es jamais dis que tu l’était peut être un peu trop ? Lança-t-elle le plus sérieusement du monde cette fois.
- C’est mon devoir envers votre père, répondit Wang, impassible.
   La princesse soupira dans un sourire et s’approcha d’un des rares fenêtres de l’endroit.
- Comment tu trouve l’endroit ? Demanda-t-elle.
- C’est l’une des plus belle université du monde, vous avez de la chance d’être la et de pouvoir profiter de l’enseignement prodigué ici.
- Oui, je sais… lâcha-t-elle dans un soupire. J’aimerais que tu me laisse seule Wang, j’ai besoin de solitude pour étudier d’anciens textes…
- Bien princesse, répondit-il en s’inclinant avant de s’effacer furtivement, le pas léger et discret comme un chat.
   Soudain, elle aperçue ces jeunes hommes miraculés tombés du ciel avec leur avion.
   Dehors, Ryan soupira en constatant que le monologue de son ami était terminé, et qu’il s’était légèrement assoupi. Puis a travers une fenêtre, il aperçu la princesse.
   Amine ne se rendit pas compte que la minute suivante, il était maintenant seul a l’ombre de ce vieux chêne.
 
*
 
   Lian s’était installée a une table et était maintenant plongée dans l’étude d’un vieux livre sur les langues. Ryan fit semblant de s’intéresser a un livre qu’il prit au hasard sans quitter la jeune femme des yeux. Ce qu’elle pouvait être belle… Pourtant, il en avait connu des femmes, collectionnant les conquêtes sans lendemain, sans jamais tomber amoureux, mais ce n’était pas une volonté de sa part, juste une incapacité a s’attacher, chose qu’il regrettait fortement. 
   Au bout de quelques minutes, elle releva le nez de son livre, et aperçue Ryan, a détour d’une rangée de livres. Troublé, le jeune homme voulu remettre le livre en place et s’esquiver, mais trouva le moyen de faire s’écrouler une pile entière de vieux ouvrages. Lian ne pu réprimer un petit éclat de rire devant la confusion de cet homme qui rouge de honte, s’affairait a remettre les livres en place. Elle décida de se lever pour l’aider.
- Attendez, je vais vous aider. 
- Ha, euh… merci… Je suis désolé d’avoir troublé votre lecture…
- Ce n’est rien, je n’étais pas vraiment plongé dedans vous savez… vous cherchiez un livre ?
- Euh oui…bafouilla-t-il. Celui la !
   Il prit un livre au hasard dans le petit tas qui restait au sol après sa maladresse et le montra a la jeune femme.
- Un livre en chinois ? Voila qui est pour le moins surprenant, vous parlez chinois ? Lui demanda-t-elle.
   Il regarda la couverture du livre, consterné par la situation dans laquelle il venait lui-même de se mettre.
- A vrai dire… pas vraiment non. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre, vous ne trouvez pas ?
- Oh si, bien sur, lui répondit-elle dans un sourire.
   Une fois les livres remis en place, Lian retourna s’asseoir a sa table, et reprit son livre.
- Et vous, vous lisez quoi ? Demanda Ryan, hésitant.
- Études des dialectes chinois anciens, c’est très intéressant.
- Oh… je n’en doute pas une seconde.
   Sans relever le nez de son livre, elle ne pu s’empêcher de sourire, il était mal a l’aise, elle le sentait, et ça l’amusait beaucoup.
- Vu votre maîtrise en la matière, je ne saurait que trop vous conseiller un livre sur l’aviation, ça pourrait aider a éviter bien des drames.
   Touché, il savait bien que ça allait ressortir dans la conversation, et ce n’était pas a son avantage. Après tout, a leur première rencontre, il avait faillit la tuer.
- Un point pour vous. Vous êtes dure, je suis bien meilleur pilote que vous l’imaginez, enfin disons que j’étais plus qualifié que mon avion…
   Elle referma son livre dans un petit éclat de rire, et se retourna vers Ryan.
- Un point seulement ? J’en avais déjà compté deux ou trois. Lui dit-elle malicieusement.
   Ce qu’elle était belle quand elle riait, ce qu’elle était belle quand elle lisait, ce qu’elle était belle quand… en fait, elle était toujours merveilleusement belle.
- Est-ce que je pourrais vous demander quelque chose ? Demanda-t-il.
- Quoi donc ? Répondit-elle, intriguée.
- Un dîner, avec moi, ce soir, lança-t-il sans grande assurance.
   Lian le regarda, impassible, puis son regard se déroba dans un sourire, et elle se leva.

- Je crains que cela ne soit pas possible, lui dit-elle en allant ranger son livre.
- Mais pourquoi ? Insista-t-il en la suivant dans les rayonnages de livres.
- Parce que… 
   Il allait répondre quand Wang apparu aux cotés de Lian, comme sortit de nulle part.
- Je vous conseil de vous en aller. Lui dit-il froidement.
- Pardon ? Et pour quelles raisons ? Répliqua Ryan qui n’avait guerre apprécié le ton du vieil homme.
- La princesse Lian Qian n’a que faire de vos misérables avances, ne l’approchez plus. 
   Lian s’esquiva, tête basse, Wang respectait les ordres de son père, elle n’avait rien a faire contre ça, mais elle aurait préféré que son vieil ami et protecteur s’y prenne autrement. Ryan regarda la princesse s’éloigner sans un mot, suivie de son serviteur.
- Princesse ? Murmura-t-il alors que les deux avaient déjà quitté les lieux.
 
*
 
- Une princesse ? Vraiment ? Voyez vous ça ! Tu fais pas les choses a moitié Don Juan !
- Oh je t’en pris, pas maintenant…
   Tête basse, Ryan ruminait, ce qui amusait grandement Amine.
- Ben quoi ? Tu t’es fais jeter, ça arrive même aux meilleurs d’entre nous, c’est quand même pas la première fois que ça t’arrive !?
- Elle ne m’a pas jeté ! C’est ce vieux la ! 
- Tu t’es fais jeter par un vieux ? Tu ne devais pas être son genre.
   Ryan regarda, consterné, son ami qui se tordait de rire.
- Bon, laisse tomber veux tu ?
   Ryan accéléra le pas dans un des parcs d’Oxford. L’endroit était d’une quiétude incroyable. Au centre de ce jardin naturel était érigé une grande fontaine dont le pilier central déversait l’eau en cascade. Cette même eau qui se rependait ensuite dans les multiples petits ruisseaux du parc. Le jeune homme s’approcha de l’eau et s’aspergea le visage.
- Le prends pas comme ça Ryan ! Qu’est-ce que ça peut faire ? C’est une princesse, et alors ? Des filles t’en a eu d’autre, et t’en auras d’autre ! Une de perdue…
- Elle… elle n’est pas comme les autres filles ! Elle a quelque chose de spécial… Je ne sais pas comment t’expliquer, c’est quelque chose de particulier…
- Mouais, t’es amoureux ?
- Je… j’en sais rien, je n’ai jamais été amoureux, tu le sais bien ! 
- Mains qui tremble, cœur qui palpite, creux dans le ventre, sentiment de mourir a petit feu quand elle n’est plus la, impression de renaître quand elle refais surface, tu te dis que sans elle, tu n’est rien ?
   Ryan regarda son ami, les yeux rond, apparemment il en savait beaucoup plus que lui sur le sujet, ce qui le surprenait au plus haut point. Amine s’en amusa.
- Hé oui Don Juan, j’ai eu moins de conquêtes que toi, mais moi au moins, j’ai aimé… alors ? Je suis dans le vrai ou pas ?
- Pour certaines choses oui… pour d’autres, je trouve ça quand même exagéré.
- Ha ha ! Attends donc quelques temps, tu verras !
- Si je la revois…
- Oh ok l’université est grande, mais quand même ! Ou au pire, il suffit de trouver ou elle habite.
   Le visage de Ryan s’illumina.
- Quoi ? J’ai dis une bêtise ? Demanda Amine, interloqué devant ce sourire.
- Non, pour une fois ! Répondit Ryan avant de s’éloigner, l’air content de lui.
- Mon dieu qu’il est désagréable ! Hé mais attends moi !
 
 
*
 
   Dans ses appartements, Lian lissait ses cheveux, seule devant un grand miroir aux bordures dorées, dans une simple nuisette blanche. La chambre était d’une taille raisonnable comparé a celle qu’elle avait au palais ou elle avait grandit. Celle la ne faisait pas plus de 6 mètres carré, et la décoration rappelait d’où venait la princesse. Sur la tapisserie rouge et or, trônait toute sorte d’objet qu’elle avait ramené avec elle pour garder un certain lien avec son pays. Au dessus du miroir posé sur une simple table, était accroché un éventail d’une taille impressionnante, et au motifs colorés qui semblait représenter des fleurs. Sur un autre mur, au dessus du lit au couleurs similaires a la tapisserie, reposait un masque rouge, qui faisait penser a une sorte de démon, cornes sur la tête, et croc apparent. Ajouté a ça, les quelques vases anciens ou reposaient quelques simples pâquerettes, et les divers objets posés ici et la un peu partout, le royaume de la princesse était omniprésent, et elle en avait bien besoin pour ne pas se sentir complètement seule et perdue a l’autre bout du monde.
   Elle posa sa brosse a cheveux, et se dirigea vers son chandelier pour souffler sur la bougie afin d’aller se coucher. Mais un bruit étrange la fit sursauter. Elle se retourna vers sa fenêtre, inquiète. Il faisait nuit noire, et elle ne voyait rien a travers les grands rideaux tirés. Un deuxième bruit semblable au premier résonna dans la petite chambre. Elle attrapa un autre chandelier ou ne brûlait aucune bougie, et se rapprocha lentement de la fenêtre, qu’elle ouvrit délicatement. A ce moment, un petit cailloux claqua contre la vitre, a quelques centimètres du visage de la princesse qui fit un bond en arrière, avant de jeter un œil sur le balcon, et de voir Ryan en contrebas préparer un nouveau jet de cailloux.
- Mais… vous êtes fou ? Qu’Est-ce qu’il vous prends ?! Demanda-t-elle sur un ton de reproche mais assez doucement pour ne pas réveiller toute la résidence.
- Vous m’avez promis un dîner, je viens donc vous chercher ! Dit-il d’un ton triomphal.
   Lian ne pu réprimer un sourire amusé.
- Je suis désolée, je n’accepte jamais ce genre de proposition venant d’un inconnu. Lança-t-elle en prenant un petit air snob.
- Je ne suis plus un inconnu, je suis un étudiant, comme vous, un camarade, et puis je suis tombé du ciel pour vous, vous ne l’avez pas oublié tout de même !
- Mais vous avez vu l’heure ? Ce n’est pas raisonnable !
- Allons, nous sommes jeunes, gardons la raison pour nos vieux jours…
   Lian soupira lentement, ne sachant que faire. Wang ne la laisserait jamais sortir, et puis c’est vrai qu’elle ne connaissait rien de ce jeune homme, mis a part qu’il était étudiant a Oxford, passionné d’aviation, et qu’il était incroyablement beau. Même du premier étage ou elle était, malgrés l’obscurité de la nuit, elle pouvait voir son regard perçant, et son allure d’aventurier a laquelle elle n’était pas insensible.
- Je ne peux pas ! Décida-t-elle enfin, en se retournant brusquement vers sa chambre.
- Attendez ! Si vous ne venez pas, je serais capable de choses terribles !
   Elle se retourna, une ombre d’inquiétude sur le visage.
- Vous… ne ferriez tout de même pas…
- Si ! Je jetterais des cailloux toute la nuit si il le faut, je me mettrais même a chanter au beau milieu de la rue, et méfiez vous, j’ai une voix qui porte !
   Lian lutta pour se retenir de rire, mais elle n’avait pas changé d’avis pour autant, son père avait fixé des règles, et elle n’avait jamais été a l’encontre de sa volonté, même si celui-ci était actuellement a plusieurs milliers de kilomètres.
- Je suis désolée… dit-elle en souriant tristement, et se retournant dans sa chambre.
   Ryan baissa la tête, n’y avait-il donc rien a faire ? Était-elle vraiment inaccessible ? Il se retourna, prés a retourner d’où il venait, quand il s’arrêta et une mélodie commença a s’échapper de sa bouche. Lian se retourna une fois de plus vers le jeune homme, sans entendre vraiment ce qu’il chantait. Puis voyant qu’elle ne bougeait pas, il monta un peu plus dans la sonorité.
- … Princesse, ma princesse, m’accorderez vous cette danse, a minuit je ne serais plus, princesse, ma princesse, je ne saurais jamais si je vous ai plu…
   Lian resta quelques secondes sans réagir, bouche bée, personne n’avait été jusque la pour elle, il faut dire que chez elle, seuls les serviteurs avaient le droit de l’approcher. Voyant qu’elle ne se décidait toujours pas, Ryan poussa encore un peu plus fort.
- Princesse ! Ma princesse ! M’accorderez…
- C’est bon c’est bon j’arrive ! Taisez vous ! Lança-t-elle, catastrophée.
   Le visage de Ryan s’illumina, il avait eu du mal, mais il avait réussi a décrocher un tête a tête avec Lian.
- Mais euh… vous comptez venir dans cette tenue ? Demanda le jeune homme en regardant la princesse. Cette dernière se regarda et s’aperçue qu’elle ne portait que sa simple nuisette. Rouge de honte, elle agrippa un rideau pour se dissimuler.
- Je… j’arrive, laissez moi quelques minutes… dit-elle en s’engouffrant dans sa chambre.
   Ryan soupira de soulagement, la nuit serait belle, il en était sur.
 
 
*
 
   Lentement, la jeune femme ouvrit la porte de sa chambre pour déboucher sur un simple salon, ou très peu de meuble étaient présents, installés depuis peu, elle et Wang n’avaient pas encore eu le temps de tout aménagé comme ils le désiraient. Elle s’avança pieds nues dans le couloir au beau milieu de l’obscurité, ses chaussures a la main. Il fallait être la plus discrète possible pour tromper la surveillance de Wang. Camouflée dans son grand manteau noir avec sa grande capuche qui masquait son visage, et qui descendait jusqu’aux jambes, recouvrant ainsi sa petite robe légère enfilé a la va vite, elle se faisait la plus silencieuse possible. Wang ne dormait jamais beaucoup, et si il la surprenait, elle était bonne pour une surveillance resserré, et un bon sermon. Elle était presque a la porte de la sortie quand elle entendit ronfler derrière elle. Elle se retourna brusquement et aperçu Wang, assoupit dans son fauteuil, seul au milieu du salon. Il ne dormait jamais beaucoup, mais quand il dormait, c’était profondément. Lian fut soulagée, et sortit sans un bruit.
 
 
*
 
- Dites moi Lian, quel est donc ce royaume dont vous étes la princesse ? 
   Les deux jeunes gens marchaient cote a cote dans le fameux parc de la fontaine. Lui ne cessait de la dévorer des yeux, et elle semblait la plus intimidée, presque effacée.
- C’est le wèshan, un tout petit royaume de rien du tout coincé entre la Chine et le Népal, quelque part dans l’Himalaya…
- Le Wéshan ? Ce qui veut dire ?
- La montagne céleste, répondit-elle, amusée par l’intérêt démontré par le jeune homme. Et vous, Ryan Ben Salah, d’où venez vous ?
   Ryan remarqua qu’elle avait retenue son nom lors de leur première rencontre, ce qui le remplissait de joie.
- Hé bien… moi aussi, d’un petit royaume perdu au beau milieu de nul part, mais pas de montagne pour moi, juste du sable… du sable… et encore du sable. Le Sahraa.
- Le Sahara ? Demanda-t-elle, surprise.
- Ha ha, non, Sahraa, répéta-t-il en insistant sur les syllabes. Ceci dit, c’est le même mot, mais pas le même endroit…
- Et qu’Est-ce qui vous a emmené a quitter votre paradis désertique pour venir ici en Angleterre ?
- Hum… un avion !
   Lian se mit a rire doucement, avec cette grâce qui ne la quittait jamais, puis enfin, elle planta ses grands yeux noirs au fond de ceux de Ryan.
- Dites moi tout, comment se fait-il que vous vous retrouviez si loin de chez vous ?
- Probablement la même chose que vous… Un père ambitieux, qui tiens a ce que vous ayez la meilleure éducation, pour pouvoir être le plus utile possible au royaume…
   Lian dévisagea le jeune homme.
- Au royaume ? Vous voulez dire que…
- Hé oui, je suis le fils du sultan.
   Assit sur le rebord de la fontaine, ils se laissèrent aller a parler de leur enfance, qui même éloigné géographiquement, avait pourtant été bien similaire. Les deux avaient grandit isolé des autres enfants, car on leur avait apprit très tôt a ne pas se mélanger avec les serviteurs. Les deux étant enfants uniques, cela les avait contraint a de long moments de solitudes. Mais très vite Ryan avait réussi a contourner les règles et vadrouillait souvent hors du palais, et s’était lié d’amitié avec Amine, le fils d’un des serviteurs du palais, et avait même réussi a le faire engager comme garde du corps personnel. Amine avait beau être avant tout un ami, un confident, et ne pas être très coteau, on pouvait compter sur lui en cas de danger. Lian elle n’avait rien connu de tout ça, il faut dire que la région était plutôt inadaptée pour faire les quatre cent coups. Le palais était juché en haut de la montagne, et n’était bercé que de précipices et de chemins dangereux. Elle avait donc passé son enfance a lire, a étudier et a jouer de la musique, avec pour seule compagnie, ses parents. Ces derniers l’avaient toujours poussé a étudier car pour eux, c’était le seul moyen de devenir quelqu’un en dehors de ces terres. Voila pourquoi elle était arrivée ici. Pour Ryan, c’était bien différent, son père voulait qu’il étudie la politique pour être fin prés quand viendra son tour de devenir sultan, et d’être digne de sa ligné. Le monde évoluait disait-il, et même eux devaient évoluer avec lui.
   Il continuèrent de parler comme ça pendant des heures, une ? Deux ? Peut être trois, ils ne savaient pas, ils étaient absorbé par les paroles de l’autre, dans lequel ils se reconnaissaient, enfin Lian avait quelqu’un qui la comprenait, quelqu’un a qui parler.
- C’est étrange n’Est-ce pas ? Demanda-t-il soudain.
- Quoi donc ? Répondit Lian, sans comprendre.
- J’ai l’impression de vous connaître depuis toujours…
- Oh… oui… j’ai la même impression… Vous croyez aux vies antérieur ?
- Vous savez, je ne crois pas en grand-chose, répondit-il en riant.
- Vous avez tord, souffla-t-elle dans un sourire.
- Peut être oui, j’espère me tromper même.
   Lian passa sa main dans l’eau de la fontaine, dans laquelle se reflétait la lumière de la lune.
- Oh mon dieu, quelle heure peut-il bien être ? S’exclama la princesse, comme si elle venait de retomber sur terre.
- Je ne sais pas, tard sûrement, ou plutôt tôt le matin ha ha.
- Je ferrais mieux de rentrer, lâcha-t-elle tristement.
- Rentrer ? Mais… nous sommes si bien la…
- Je sais oui… mais je risque d’avoir des ennuies avec Wang…
- Oh… Je vois…
- Il n’est pas méchant vous savez, juste un peu trop protecteur…
- Je comprend…
   Ils restèrent quelques secondes a se regarder en silence, puis elle passa sa main sur la joue du jeune homme.
- C’était un très bon moment… Dit-elle en souriant.
- Il y en aura d‘autre ? Lança-t-il alors que Lian commençait a s’éloigner lentement.
  Elle se retourna, un sourire au lèvres et s’en alla sans répondre, disparaissant dans la nuit. Ryan ne fit rien pour la retenir, dans ses yeux et son sourire il avait eu la réponse a sa question. Le jeune homme tourna les talons, un large sourire sur le visage, la nuit avait été belle…oui, elle avait vraiment été très belle.
 
*
 
   Ce rendez vous en appela de nombreux autres. Réussissant a fausser compagnie a leurs garde-fous certains jours, ils passèrent des nuits entières a parler et a refaire le monde, a refaire leur monde… La complicité qui était née entre eux cette fameuse nuit ne cessa de croître pour se muer en une sorte d’amitié, mais qui n’avait d’amical que le nom. Ryan ne cessait de voir grandir en lui ce sentiment amoureux qu‘il avait du mal a apprivoiser, et qui le faisait souffrir de plus en plus quand elle n’était pas proche de lui. Mais pour Lian, les choses était différente, elle se refusait a aborder leur relation d’une autre façon qu’une amitié profonde et sincère, tout cela était nouveau pour elle qui n’avait jamais vraiment côtoyé de garçon avant lui, et ce qu’elle pouvait ressentir lui faisait peur… Même sans avoir abordé le sujet, tout cela était bien clair dans l’esprit du jeune homme, et il respectait le choix de la jeune femme, partager de tels moment avec elle le comblait déjà de bonheur, même si il savait très bien que Lian ne pourrait pas nier longtemps que quelque chose de fort était né entre eux…
 
*
 
  Ce soir la, Lian était en retard et Ryan attendait seul, prés de la fontaine. Il commençait a se demander si elle allait venir. A cette pensée, une profonde vague de tristesse s’empara de lui. Décidemment, il n’arriverait jamais a comprendre les choses de l’amour. Comment pouvait il passer de la déprime la plus profonde, au bonheur le plus absolu en un clin d’œil, ou plutôt en un sourire, celui de sa princesse…
  Il n’eut pas le temps de trop réfléchir a la question car l’arrivée de la jeune femme balaya toutes ses interrogations comme si elles n’avaient jamais existées. Dans sa belle robe blanche, elle était la prés de la fontaine, et lui souriait.
  Dans le fond, le bonheur c’était quelque chose de simple, simple comme un sourire.
- Je suis un peu en retard… Lang eu un mal fou a s’endormir, dit-elle dans un sourire.
- Oh ce n’est rien, le cours d’astronomie n’avait pas commencé ha ha !
  En un éclair, ils s’allongèrent sur l’herbe. Devant leurs yeux, s’étendait une nuit ornée d’innombrables étoiles.
- Je t’écoute ! Commença Ryan.
- Et bien tout d’abord la grande ours, qui a la forme d’une casserole ici ! Dit-elle en désignant la constellation dans le ciel. Avec son étoile la plus brillante Alioth !
- Du premier coup, impressionnant ! Ensuite ?
  Elle passa de longues minutes a designer plusieurs astres dans le ciel étoilé, sous la houlette de son professeur d’un soir, qui était un grand passionné du ciel, et pas seulement des avions. Voila plusieurs nuits qu’ils faisaient profiter a l’autre de leurs connaissances et intérêts qui pouvait l’intéresser. Une nuit en regardant les étoiles, Ryan lui avait demandé si elle connaissait cette étoile bien visible qui brillait plus que les autres. Lian adorait regarder les étoiles mais n’en connaissait aucune. Le jeune homme avait donc pu briller par ses connaissances sur les astres en désignant les constellations a la jeune femme, qui avait adoré le petit cours improvisé. Lian lui avait appris beaucoup de choses sur d’anciennes légendes Ryan ne croyait pas en grand-chose, c’est vrai, mais il aimait ces vieilles histoires qui avaient toujours un sens caché et une profonde moralité, et il aimait raconter celles de son pays, qui rejoignaient souvent celles du pays de Lian. Ils parlaient aussi très souvent des différences de cultures entre leurs deux royaumes, et surtout de l’art, dont tout deux étaient de grands amoureux. 
  Chaque soirs, ils se découvraient de nouveaux points communs.
- A quoi tu penses ? Lança Ryan qui ne quittait pas Lian des yeux, alors que la jeune femme était perdue dans ses pensées en regardant toujours les étoiles.
- Oh… je me demandais juste si mes parents allaient bien…répondit-elle dans un sourire.
- Ils te manquent ? Osa-t-il demander.
- Oui.. Et toi, tes parents ne te manquent pas ?
- Pas vraiment non… déjà je n’ai plus que mon père, et on ne peut pas dire que nous nous entendions très bien ha ha. Je suis peut être loin de chez moi, mais je suis libre…
- Oh… je comprend…
  Elle n’eu pas le temps de dire autre chose qu’un craquement de branche se fit entendre. Les deux jeunes gens se redressèrent brusquement.
- Il y a quelqu’un, lâcha Ryan, tout sens en alerte.
- Quelqu’un ? Répéta Lian, inquiète.
  Ils se relevèrent en toute hâte, et se rapprochèrent l’un de l’autre, cherchant du regard qui pouvait bien être la.
- Si c’est Wang, je vais avoir des problèmes…
   Soudain, une dizaine d’homme masqué surgirent de nulle part pour se déployer autour de la fontaine. Ryan se mit devant Lian pour la protéger. Les hommes étaient tous vêtus de la même manière, encapuchonné dans une longue tunique noir, un foulard leur masquant le bas du visage.
- Bonne nouvelle, ce n’est pas Wang, mauvaise nouvelle, ils ont l’air plus méchant que lui, souffla Ryan.
- Ils sont la pour moi… souffla Lian, paniquée.
- Quoi ? S’écria le jeune homme.
   Lian n’eu pas le temps de répondre, les hommes sortirent un poignard de leur tunique, et s’approchèrent de leurs victimes désignés.
- Je peux me battre ! Lança Lian.
- Et bien montre moi ça princesse ! Lâcha Ryan au moment ou les premiers assassins se jetaient sur eux. Il empoigna le bras du premier qui s’était élançé poignard en avant, mais qui ne mordit que l’air, lui tordit le bras avant de le frapper au visage, et de le balancer sur le deuxième qui arrivait sur lui. Il se jeta comme un forcené sur un troisième et le plaqua au sol avant de lui frapper la tête contre le sol. De son coté, Lian avait cueillit le premier d’un coup de talon a la mâchoire, et il n’avait pas eu la mauvaise idée de se relever. Elle sortit une fine dague de sous sa robe et poignarda le deuxième tendis qu’elle en évitait un autre qui alla percuter le rebord de la fontaine, avant qu’elle ne le frappe a la nuque. Un nouveau voulu se jeter sur elle, mais il s’immobilisa soudain, et s’écroula une profonde entaille dans le dos dégoulinante de sang. Le sabre dressé, Wang s’attaquait a un nouvel adversaire.
- Wang ! S’écria la jeune femme, pleine de soulagement.
   Ryan se retourna vers la scène et ne vit pas un des derniers assassin se faufiler dans son dos. Un coup de feu retentit… et le tueur s’écroula. Le canon de son arme encore fumant, Amine lança un clin d’œil vers son ami au même moment que Wang finissait le travail.
- Merci Wang, fit Lian en s’approchant de son garde du corps.
- Je ne sais pas ce que vous faites la, ni pourquoi vous étés avec ce jeune homme, mais une chose est certaine, nous allons devoir avoir une discussion vous et moi, lâcha le vieil homme, le regard lourd de reproche.
   Devant se renfort inattendu, les assassins disparurent comme ils étaient venu, laissant un blessé et un mort derrière eux, Ryan les regardant s’enfuir sans comprendre ce qui venait de ce passer. Un blessé, c’était bien suffisant pour Wang. Rampant sur le sol, se tenant une plaie sur le coté droit, l’assassin espérait encore pouvoir s’enfuir et garder la vie sauve. Une lame de sabre se planta juste sous son nez. Le vieil homme attrapa l’individu et lui arracha sa capuche, découvrant ainsi son visage, celui d’un européen.
- Qui visiez vous ! Quelle était votre but ! Qui vous envoie ! Demanda le vieil asiatique.
   L’homme, le regard injecté de sang, se mit a rire nerveusement, comme un dément, puis dans une manœuvre désespéré, empoigna un autre poignard caché dans sa tunique, mais une balle en pleine tête mit brusquement fin a son dernier souffle de vie.
- Je crois que nous n’en saurons pas plus, lança Amine en rangeant son arme a feu.
   Les quatre contemplaient les deux cadavres jonchant le sol, a la lumière de la pleine lune.
- Il faut se débarrasser des corps, je n’ai pas envie d’expliquer ce qui a bien pu se passer ici, dit Wang. De plus, les coups de feu vont alerter les gens, il faut se dépêcher.
- Tout a fait d’accord, rétorqua Amine.
- Faisons vite alors… lâcha Ryan.
- Non ! Cria Wang, en colère. Vous deux vous rentrez de suite vous mettre a l’abrie, moi et ce jeune garçon nous occupons du reste. 
   Puis il se retourna vers sa petite protégée.
- Rentre, et ne bouge plus de la maison. Lança-il sur un ton qui ne laissait place a aucune contestation.
 
 
*
 
   Lian referma la porte a double tour derrière elle. Qui étaient ces hommes ? Pourquoi voulaient ils la tuer ? Ne serait elle jamais en sécurité même a l’autre bout du monde ?
- Pourquoi as tu dis qu’ils étaient la pour toi ? Demanda Ryan qui avait raccompagné la jeune femme.
- Parce que… je le croyais… répondit-elle, l’air absente.
- Explique moi… Lui dit doucement Ryan en se rapprochant d’elle.
- Étant l’unique héritière de mon royaume, j’ai souvent été la cible d’attaque ou de tentative d’assassina ces dernières années, c’est une des raisons qui ont fait que mes parents ont décidés de m’envoyer en Angleterre, ils pensaient qu’ici, je ne risquerais rien…
- Ce n’était peut être pas vous la cible… ce n’était pas des asiatiques après tout.
- Oui…
   Elle ne pu s’empêcher de laisser échapper quelques larmes. Ryan se rapprocha et l’entoura de ses bras.
- Allons… Lian… nous sommes vivant, c’est le plus important non ? Nous sommes vivant…
   Les deux se regardèrent dans les yeux, en silence, puis Ryan se rapprocha doucement, et ses lèvres frôlèrent celles de Lian, qui passa ses bras autour du cou du jeune homme, ferma les yeux, et s’abandonna totalement. Leurs lèvres se frôlèrent encore et encore, avant de définitivement se trouver, et ne plus se quitter. Leurs mains cherchent les vêtements de l’autre a retirer, entre deux caresses, entre deux baisés, ne se pressant pas, non, ils savent qu’ils  toute la vie qui s’offre a eux.
   Les deux corps nues chavirèrent dans le lit, Lian ne connaît rien de ce qu’elle est en train de vivre, jamais elle n’a eu d’homme dans sa vie, et encore moins dans son lit, mais son cœur lui hurle que maintenant, elle peut s’abandonner dans les bras de cet homme. Lui n’a jamais été aussi hésitant avec une femme, et pour cause, il a les mains qui tremblent, une boulle au ventre, il a l’impression qu’il n’est rien sans elle. La fièvre et la passion les emportent. Ils s’enlacent, s’embrassent, s’embrasent, leurs cœurs et leurs corps brûle d’une intense flamme.
Celle de l’amour…
 
*
 
   Le jour commençait a se lever, Lian et Ryan était enlacés, l’un contre l’autre. Rien n’aurait pu troubler leur bonheur. Ils étaient loin de chez eux, loin de leurs familles, mais ici, en Angleterre, ils s’étaient trouvé, et ça valait tout les trésors du monde. 
- Wang n’est pas rentré, souffla Lian, inquiète.
- Ne t’inquiète pas, ils ont sûrement eu du mal pour faire disparaître les corps de ces assassins…
- Ça me fait peur…
   Ryan garda le silence quelques minutes, au fond, il savait ce qui serait le mieux pour eux deux.
- Quand Wang arrivera, il voudra qu’on se sépare… 
- Probablement… répondit la jeune femme.
- C’est hors de question. Lança Ryan, déterminé.
   Lian lui sourit tendrement en lui caressant le visage.
- J’ai une idée, lâcha le jeune homme.
- Quelle idée ?
- Tu veux vivre avec moi ? 
- Bien sur… si c’était possible… oui !
- Mais c’est possible ! 
- Comment ?
- Partons !
- Partir ? Mais ou ? 
- Ou tu voudras, oublions nos familles, nos pseudo responsabilités, oublions Oxford et nos garde fou, ne pensons plus qu’a nous… je t’aime…
   Elle le regarda, le plus sérieusement du monde, avant de se redresser d’un bond dans le lit.
- Alors partons, et vite ! Avant que Wang ne revienne ! 
   Ryan sauta a son tour hors du lit, avant d’attraper la femme qu’il aime par la taille.
- Prenons le droit de vivre, puisqu’on ne nous le donne pas… murmura le jeune homme.
- Je t’aime… répondit-elle avant de l’embrasser tendrement.
 
*
 
- C’est impossible… souffla Wang en repliant la lettre que Lian lui avait laissé.
- C’est tout a fait possible au contraire… répondit tristement Amine.
   Les deux avaient eu beaucoup de mal a se débarrasser des deux cadavres, et quand ils étaient revenu aux appartements de Lian, la princesse avait disparut, et Ryan aussi. Des jeunes gens ne restait plus qu’une lettre écrite par Lian en vieux chinois pour son ami, ou elle s’excuse de partir de cette manière, mais qu’elle avait envie de vivre maintenant…
   Amine savait que son ami avait besoin de liberté, mais jamais il n’aurait pensé qu’il l’abandonnerait comme ça, aussi subitement. Cette fille l’avait rendu fou, c’était la seule explication possible.
   Pour Wang, le choc était plus grand encore, il avait toute confiance en la sagesse de sa protégée, et c’était bien a lui qu’il en voulait le plus, jamais il n’aurait du laisser la princesse avec un vaurien pareil.
   Le vieil homme reposa la lettre sur la table, et fonça vers la sortie.
- Que faites vous ? Se risqua a demander Amine.
- On va les rattraper, ils ont du prendre le train tôt ce matin, mais les endroits d’embarcation pour quitter le pays ne sont pas légion, en bateaux comme en avion !
- Je crois savoir comment ils vont partir…
  Le vieil homme stoppa son élan et se retourna vers Amine.
- Ryan a fait réparer son avion…
 
*
 
- C’est impossible, ils ne sont quand même pas volatilisé, Gronda Wang.
- Non, mais envolé peut être… répondit le jeune homme.
   Les deux hommes avaient débarqué non loin de l’université, ou une petite piste et quelques hangars servaient d’aéroport de fortune. Recherchant le couple, ils faisaient les hangars un par un pour tenter de retrouver l’appareil Du prince. Dans l’un d’eux, ils trouvèrent un vieux mécanicien, la tête plongée dans son avion qui semblait aussi agé que lui. L’homme leva la tête de son moteur et s’approcha des deux hommes.
- Vous cherchez quelque chose messieurs ? Demanda l’homme poliment.
- Un couple, un jeune homme d’environs ma taille, pas toujours bien rasé, et une jeune asiatique. Vous les avez vu ? Demanda Amine.
- Ha ! Tu parles si je les ai vu, sacré brun de fille hein ? On en voit pas souvent par ici des comme ça !
   Wang perdit patience et s’interposa entre le mécanicien et Amine.
- Ou sont-ils !? Cria le vieil homme.
- Oh pas la peine de s’énerver, ils sont la ! Répondit l’homme en désignant du doigt un appareil qui prenait de l’élan pour décoller.
   Sans perdre une seconde, le vieil homme se mit a courir après l’avion, suivit d’Amine.
- Ha ces étrangers…ils sont pas net. Fit le mécano en voyant les deux hommes courir après l’engin.
   A bout de souffle, les deux cessèrent leur course folle et regardèrent l’avion s’envoler et disparaître lentement au dessus de la manche. 
- Oh bordel, mon maître va me tuer. Se lamenta Amine.
- Si je ne le fais pas avant… rumina Wang en tournant le dos.
- Mais pourquoi c’est toujours moi qui prend ?! Pff…
   Le jeune homme jeta un dernier coup d’œil vers l’horizon, songeur.
- A bientôt mon ami…
   A bord de l’avion, Ryan poussa un cri de victoire en prenant de l’altitude, avant de se retourner vers Lian, emmitouflée dans un grand manteau pour se protéger du froid.
- Tout vas bien ? Demanda-t-il.
- Je suis terrifiée ! Cria Lian, en s’empêchant de regarder vers le bas.
- Tu veux que je redescende ? Lança Ryan, l’air taquin.
- Nooooooon ! Cria la jeune femme en riant.
  Déjà ils ne distinguaient plus les cotes de l’Angleterre, et devant eux se rapprochaient lentement les cotes françaises. L’avion biplan volait merveilleusement bien, et avançait a grande allure.
   A son bord, deux amoureux qui prirent leur envol et leur indépendance, bien décidé a vivre heureux, ensemble, envers et contre tous.
 
[…]